Courant novembre 2009, le magazine Linéaires a diffusé une enquête sur le prix des produits bio. 332 comparaisons ont été réalisées sur des produits conventionnels et bio de même marque, possédant des recettes et formats comparables. D’après cette enquête, le bio est en moyenne 72% plus cher.
Des produits bio moins chers en vente directe
Il est bien dommage que cette étude ne tienne pas compte de la diversité des circuits de distribution des produits biologiques. En effet, la GMS (grandes et moyennes surfaces) ne représente que 42% des ventes de produits bio en France. Les magasins spécialisés (40% des ventes), et surtout la vente directe, peuvent permettre aux consommateurs d’acheter les produits bio à des prix plus abordables.
La variabilité des prix est aussi fonction des saisons. En GMS, on trouve des fruits et légumes de contre-saison, qui sont très chers. Sur quelques références, nous avons comparé le prix de légumes bio de saison vendus en GMS, avec les mêmes produits vendus dans des magasins à la ferme (2008) : le surcoût des légumes bio en GMS était de 36%.
La comparaison faite par le magazine Linéaires ne tient pas non plus compte des modes de consommation, qui sont souvent différents entre des acheteurs bio et conventionnel. En consommant des produits de saison, en réduisant ses achats de produits transformés, en raisonnant sa consommation de viande, l’acheteur bio obtient, même en GMS, un panier dont le surcoût est moindre que celui affiché.
Prendre en compte les bénéfices de la bio
L’étude de Linéaires ne comparent pas des produits équivalents.
Les produits de l’agriculture biologique sont cultivés dans le respect du vivant, sans produits chimiques de synthèse. Ils sont plus riches en matière sèche (moins de perte en eau lors de la cuisson).
Les exigences de l’élevage biologique sont élevées : temps d’élevage des animaux plus long, alimentation biologique, accès à des parcours extérieurs… Le respect du cahier des charges européen est garanti par des contrôles spécifiques.
La qualité biologique a donc un prix. De plus, pour comparer équitablement les prix des produits bio et ceux des produits conventionnels, il faudrait répercuter les coûts techniques et sociaux que génèrent ces derniers : dépollution de l’eau et des sols, conséquences sur la santé d’une alimentation surchargée en pesticides…
Enfin, les agriculteurs biologiques touchent moins d’aides européennes que leurs homologues conventionnels, alors qu’ils doivent payer le contrôle et la certification de leurs produits. En France, 60 000 exploitations agricoles françaises concentrent à elles seules 80 % des aides de l’Europe, payées par les impôts des citoyens…
D’après la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique), la réduction du coût des produits biologiques passe par une meilleure redistribution des aides européennes et par une réforme des pratiques agricoles. Elle souhaite engager un débat avec tous les acteurs du secteur, pour mettre au point un plan d’alimentation européen qui permettra de remplir le « panier de la ménagère » de produits sains, au plus près des lieux de production, et de poursuivre le développement des filières biologiques, pour mettre à la disposition du plus grand nombre des produits moins chers.
(voir l’article sur : http://www.bio-provence.org/spip.php?article397)


















